né le 27/02/1896 à Saint-Eugène – décédé le 12/04/1967 (71 ans) à Corbeil Essonne

Nous sommes en 1896… un 29 février… en Algérie ! L’acte de naissance annonce la naissance de William Salomon fils de Moïse Mardochée MOLKO et Rachel ZORGBIBE, marchands de soie, juifs installés dans la périphérie d’Alger à Saint-Eugène (aujourd’hui nommée Bologhine).

Un personnage fort en couleurs… mon arrière grand-père… que j’ai même d’enregistré sur une pellicule de 8mm !

Description physique :
– Cheveux châtains foncés – yeux marrons – front large – nez rectiligne – visage long – 1m70

La vie dans le quartier Saint-Eugène (Bologhine aujourd’hui) dans la banlieu nord d’Alger
En 1898, Saint-Eugène voit débarquer les militaires pour 3 mois en raison de troubles antisémites
EN 1905, graves inondations dans la ville

Saint-Eugène – Banlieue Nord d’Alger

De la naturalisation des juifs sous l’état français
Le Décret Crémieux attribue d’office aux Israélites Indigènes d’Algérie la nationalité Française… c’est dans ce contexte que les MOLKO sont devenus français, implantés depuis plusieurs génération Algérie (peut-être pas autant que ça, voir la légende de Rachel)
Ce décret est appliqué jusqu’en 1940, quand le gouvernement de Vichy décide d’abroger ce décret


Sa vie de Militaire Engagé

Au moment où j’écris ces quelques lignes résultats de recherches dispersées, j’ai un doute sur le parcours réel de Willy. Un écrit de souvenirs d’enfance de mon grand-père mentionne des tourments de Willy dû à la guerre dans le désert tunisien… hors, en suivant les Indications de la fiche matricule, rien n’indique des faits d’armes en Tunisie. Il fait bien partie des régiments de zouaves, dont Le 4ème (et d’autres !) étant basés sur la Tunisie sur le temps d’avant guerre : j’ai donc suivis l’évolution des régiments, mais pas de mentions de la Tunisie.

La première guerre Mondiale
A 18 ans, il s’engage volontairement dans l’armée pour participer à la guerre. Il sera envoyé sur le front dans le nord de la France… d’abord canonnier dans divers régiments de zouaves puis à la fin de la guerre il deviendra aviateur breveté de pilotage !

Synthèse de son engagement dans la première guerre mondiale contre les allemands :
06/10/1914 – « Engagé volontaire pour la durée de la guerre » à Alger au titre du 5eme groupe d’artillerie de campagne d’Afrique. Arrivé au corps et 2eme canonnier le 09/10/1914 – au Nord-Est d’Arras.
18/01/1915 – 4eme régiment de zouaves de 2eme classe – Belgique, les batailles sanglantes d’Ypres.
22/02/1915 – Il est gradé caporal
01/05/1915 – 3eme régiment zouaves de Constantine – Tracy-le-Val et la bataille de Quennevières dans l’Oise.
15/10/1915 – 1 er régiment de zouaves – Canny-sur-Matz (Oise), Verdun puis Souilly (Somme) pour de terribles batailles.
21/09/1916 – 4ème régiment de zouaves – Tronville-en-Barrois (Meuse) – Baille de Douaumont (Meuse)
15/11/1916 – Blessé par tir d’obus à la face dorsale de la main gauche à St Pierre Waast.
28/11/1917 – 1 er groupe d’aviation
11/04/1918 – Breveté Pilote n° 12698
12/03/1919 il rejoint le 1er Groupe d’aviation de Longvic à Dijon
26/08/1919 – congé illimité de démobilisation
15/05/1922 – Affecté dans la réserve au 34 eme régiment d’aviation du Bourget
06/05/1927 – Affecté dans la réserve du 2 eme groupe d’aviation
du 01 au 15/08/1928 : période volontaire au centre d’entrainement à Orly
du 17 au 31/05/1929 : période d’entrainement volontaire au centre d’entrainement d’Orly
20/05/1931 – Nommé au grade de sergent
du 02 au 16/07/1931 – Période d’exercice au centre d’entrainement d’Orly
01/12/1936 – Affecté à la Base aérienne d’Is
15/03/1937 – Cesse de faire partie du personnel naviguant (limite d’age), classé dans la position « sans affectation »
du 31/07 au 14/08/1940 – Période d’entrainement volontaire de 15 jours consécutifs au magasin général de l’aviation – annexe d’Orly
27/10/1939 – Classé en affectation spéciale pour une durée illimitée au titre de la société Peugeot, 29 rue de Berrio
01/06/1943 – Dégagé de toute obligation Militaire
26/07/1945 – Réintègre sa subdivision d’origine – ??

Les médailles (par ordre d’importance croissante)
Médaille d’aviateur
croix de guerre 1914-1918 : attribuée aux actifs durant la guerre, pas seulement les combattants
croix de guerre avec palme – la Palme a disparue – pour citation à l’Ordre de l’Armée
croix du combattant (loi du 28/06/1930) : attribuée sur conditions au engagés dans la guerre de 14-18.
croix du combattant volontaire (loi du 28 juin 1930 + 04/07/1935) : attribuée sur conditions aux volontaires engagés dans la guerre

Médaille militaire contingent spécial avec front ennemi – C’est la Plus haute distinction destinée aux sous-officier et soldats. Elle récompense les exploits extraordinaire ou longues années sous Les drapeaux et répond à la devise « Valeur et discipline » – Souvent appelée « La légion d’honneur du sous-officier », la médaille militaire est la troisième décoration française dans l’ordre de préséance, après l’ordre de la Légion d’honneur et l’ordre de la Libération.

Plongeons dans le détail du quotidien de Willy pendant la guerre. Les éléments décris ci-dessous sortent des journaux de régiments et ne sont pas spécifiquement à Willy. Gardons à l’esprit qu’il était canonnier de 2eme classe, donc dédié à sa pièce d’artillerie pour faire feu, l’entretenir et le déplacer. Il aura donc été en première ligne lors des attaques, chargeant sa pièce mais il est peu probable qu’il ai été de ceux qui sont sortis des tranchées, baïonnette au bout du fusil, menant l’attaque de front.

L’engagement familial à la guerre : Son demi-frère Aaron Henri Molko, meurt à la guerre le 20/07/1918 à Villemontoire (Aisne), incorporé au 6eme régiment de tirailleurs à la bataille de la Marne, en même temps que le commandant de Vulpillières sous le feu des mitraillettes et obus boches largués par avion.

2eme canonnier :  le canonnier a en charge l’entretien de sa pièce, la mise en batterie celle-ci, tout ce qui touche à la manutention autours de la pièce, et bien entendu le service de la pièce, il le fait avec ses camarades sous la surveillance du chef de pièce qui est un sergent. comme 2ème canonnier, il peut être placé comme pourvoyeur, soit pour amener les munitions au brigadier déboucheur, soit directement au chargeur. Pendant le service de la pièce, il sera disponible pour le mouvement de la pièce, re-pointage de celle-ci…

carte

du 06/10/1914 au 18/01/1915
5 eme groupe d’artillerie de campagne d’Afrique
Willy s’engage volontairement dans l’armée pour participer à l’effort de guerre. Son groupe rejoint dès lors la région d’Arras. Il y est 2 ème canonnier. Les batteries prennent part aux opérations de Thelus et Bailleul où le général Pétain est de la partie.
Le groupe se met en batterie à partir du 06/10 sur le plateau d’Ecurie près de la route d’Anzin-Saint-Aubin. Les positions ne varient pas beaucoup durant l’hiver, des abris et des tranchées sont construites en prévision de l’hiver.

du 18/01/1915 au 01/05/1915
Willy rejoint le 4ème régiment de zouaves en Belgique en position à proximité de Nieuport-Ville où il mène de sanglants combats pour La défense d’YpresLe 31 janvier 1915, le régiment quitte la région de Bergues-Quaedypre (région de Dunkerque), et, en deux étapes, par Hondschoote et Furnes, gagne la région des Dunes. Avec quelle joie, officiers et hommes trouvent les premiers monticules de sable qui, à leurs yeux, après l’expérience d’Ypres, représentent surtout des tranchées propres, exemptes de boue et d’eau où l’on pourrait enfin se coucher, dormir… mais un autre groupe est déjà sur place pour veiller sur le secteur.

La nuit du 4 au 5 février 1915, ils traversent Nieuport en ruines, ils prennent place pour leur nouvelle position : la garde du Polder entre les Dunes et la route de Lombaertzyde – Nieuport – ville. le rapport nous raconte ave ces mots : “Sous un ciel bas, gris, délavé s’étend une plaine monotone que ponctuent quelques rares maisons de maraichers […] le sol est spongieux, tout imprégné d’eau; on ne peut creuser et de fait, aucune tranchée n’existe. Les organisations défensives se réduisent à un parapet fait de sacs de sable, à peine assez épais pour arrêter les balles, et derrière lequel on doit circuler courbé en deux…”

Pour le repos, ils vont à Coxyde plage, avec “ses villages, ses magasins, sa population sympathique, sa belle plage où l’on peut jouir sans cesse du spectacle varié de la flotte anglaise montant la garde devant la côte Belge…  “
Déjà ils découvrent les ravages des “Minens” allemands : terribles et dévastateurs, des portions entières de parapets disparaissent, emportés, balayés par le souffle puissant de l’engin. Les hommes atteints étaient broyés, déchiquetés… et sous les balles des mitrailleuses il fallait reboucher la brèche…

2e bataille d’Ypres : le 23 avril 1915 à 5 h, une brèche vient d’être ouverte par les Allemands au nord d‘Ypres… le 4 -ème zouave est appelé à la rescousse. Après avoir repris les positions, l’offensive s’organise pour l’attaque du village de Lizerne… le 3 eme Bataillon attaque : “Dans le crépitement de la fusillade, soudain allumée avec un entrain endiablé, les hommes en chéchia kaki s’élancent, bondissent dans les hautes herbes. L’instant est enfin arrivé où l’on va pouvoir rendre tout le mal qu’ils ont fait. Les gaz tuent mais les baïonnettes aussi.  La première tranchée allemande est atteinte, ses occupants, en dépit de leurs supplications ne sont bientôt plus que des cadavres. Les zouaves règlent leurs comptes !”… le village est occupé malgré de grandes pertes à 16h30.

du 26 avril au 04 Mai 1915, les bataillons sont furieusement bombardés par les allemands… nombreuses pertes avant la relève par le 418 RI. Retour chaleureux  à Coxyde qui comprend leur succès… et les nombreuses pertes dans les rangs. 

4ème Régiment de Zouave à la bataille d’Ypres en 1915
Uniformes des zouaves

carte à consulter ?

Deuxième bataille d’Ypres : la guerre chimique est déclarée
En novembre 1914, la première bataille d’Ypres se solde par un échec de l’offensive allemande et un immobilisme des deux camps aux portes de la ville. Le Kaiser ne renonce pas pour autant à la prise de cette enclave stratégique qui demeure le théâtre de sanglants combats jusqu’en 1918.

 le 22 avril à 18h, les allemands lancent une opération d’un nouveau genre : Sur un front de six kilomètres, à Steenstraat (hameau au nord d’Ypres)  le XVe corps du général von Deimling ouvre les vannes de 5 730 cylindres pressurisés, contenant 150 tonnes de chlore, entraînant la mort par étouffement de milliers de soldats pris de panique.
Ce n’est pas encore du gaz moutarde, lequel sera mis en place lors de la 3eme Bataille d’Ypres.


[un article qui explique cela…]

carte

 du 01/05/1915 au 15/10/1915
Willy rejoint le 3eme régiment de zouaves 

Le quotidien du 3 RI de zouaves est moins sur l’attaque mais plus sur le renfort des installations dans les première lignes dans la région de Tracy-le-val jusqu’au 6 juin 1915… on imagine un moment de répit pour le pauvre Willy largement touché par les pertes de son régiment précédent… mais va de nouveau participer à des événements décisifs.

le 06/06/1915 – Quennevières
Le 5 ème Bataillon bien reposé du côté de Francport, prépare son artillerie pour l’offensive : pièces de 155, de 120 et 75… canons de 58… les réseaux allemands sont détruits… les tranchées et les abris bouleversés. “La ligne kaki soudainement dressée, franchit les premières, deuxièmes et troisièmes tranchées ennemies, méprisant le feu de mousqueterie et les rafales de mitrailleuses qui causent cependant des pertes sérieuses…” la fin de journée et nuit à venir sera consacrée à résister à la contre-offensive lourde des allemands, juqu’à la relève… 

60 tués, 200 blessés qui vaudra au 5eme bataillon du 3eme de zouaves d’être cité à l’ordre de l’Armée.
L’histoire ne dit pas si Willy est parmi ce bataillon précisément. 

Jusque juillet, le travail consiste à aménager les lignes, dans une odeur pestilentielle de cadavres en décomposition que le feu ennemi ne permet pas d’enterrer… en juillet la dysenterie fait son apparition, le 3eme de zouave est mis au repos relatif dans la région de Bonneuil. 

Le 10 Aout tout le régiment est rassemblé en champagne du côté de St Hilaire au temple / vadenay… pour le passage en revue devant le Général Joffre.
En mode préparation offensive, le régiment réussit à se rapprocher dans la nuit des lignes allemandes, à creuser une nouvelle tranchée et à la relier à l’ancienne de l’arrière… marquant une avancée de 700 mètres… les allemands ne peuvent que constater cette avancée le lendemain matin.

le 30 aout, on recommence sur une autre ligne pour la grande attaque… le régiment y met tout son coeur ! L’attaque est fixée au 25 septembre… l’artillerie française entre en action quelques jours auparavant puis s’intensifie… à moins de 200 m des lignes allemandes, l’attaque débute à 9h15 dans un épais brouillard du aux bombardements… les canonniers ont bien travaillés !
les pertes sont inouïes… mais les lignes avancent… 

il ne reste que 350 zouaves du 3eme régiment mais l’avancée continue… le maintient des positions s’organise… jusqu’à la relève… tous les officiers sont tués lors de cette attaque… plus de 1 800 hommes hors de combat. 

Le 10 octobre le régiment rejoint Dunkerque… pour le repos. 

du 15/10/1915 au 21/09/1916
Willy rejoint le 1er régiment de zouaves sur le secteur de Canny-sur-Matz (Oise).
Cet hiver 1915, le travail consiste à des travaux sur terrain difficile, luttant plus contre l’eau et la boue qu’à contrer les attaques allemandes, peu actives sur ce secteur.

En Janvier 1916, le régiment est transféré en urgence du côté de Verdun, l’ennemis préparant des attaques.
L’offensive est déclenchée le 25/02… le régiment est rapidement transféré à Souilly, campe le 08/03 à Fromeréville. Le régiment maintient les positions jusqu’au 21/03, améliorant les installations de tranchées, celles-là même qui permettrons plus tard de faire échouer les attaques ennemis de Chattancourt. 

Après du repos, Le régiment prend la position de Nouvron… aménageant encore et encore des tranchées et abris profonds et solides… sous le feu allemand. 1000 bombes de gros calibres tombent chaque jours et autant son envoyés en retour, après les avoir transportés sur les dos sur 1 ou 2 kms dans les boyaux d’accès. 

Ils restent en position jusqu’à fin septembre 1916 sur la première ligne. 

carte ?

du 21/09/1916 au 28/11/1917
Willy repart rejoindre le 4eme régiment de zouaves, qu’il a déjà connu, à Tronville en Barois. 

Le régiment est au repos… Willy pourra en profiter un peu pour se requinquer… 

Le 24 octobre 1916 le 4eme regiment s’engage dans la bataille depuis les abris de St Waast ou le ravin des Trois Cornes… ils ont vu Verdun avant d’arriver là et n’ont pu que constater la pure destruction du Pays… Les obus martèlent sans cesse… Près de 600 par jour en guise de défense. C’est la Bataille de Douaumont qui s’approche… il y aura un avant et un après la bataille ! 

Dans les boyaux où il est difficile de circuler… se croisent le 4eme zouaves, Les tirailleurs, les Indo-Chinois, les Sénégalais… 

A 10h30 le fort de Douaumont est repris… les zouaves sortent de leurs tranchées… Une ligne de fantassins devançant l’heure prévue s’avance vers l’ennemi… La conquête durera encore 5 jours, active nuits et jours jusqu’au 29 octobre…
Les hommes reviennent en chemin de fer à Tronville pour un repos nécessaire… et rendre hommages aux morts. 

La bataille a dû continuer encore un peu pour Willy puisque il est blessé par un tir d’obus à la face dorsale de la main gauche au bois de St Pierre Waast le 15/11/1916. Je n’ai pas trouvé d’éléments autour d’une hospitalisation ou d’un arrêt temporaire le temps de se retablir.

Le 4 ème zouaves est ensuite affecté à la préparation de la bataille du chemin des dames d’abord à Hurteubise en avril 1917 à combattu à cerny en laonnois de mai à juillet 1917.

la reprise du fort de la malmaison 23 au 29 septembre 1917

une conférence intéressante sur le 4 ème zouave (et l’ensemble des regiments de zouaves) pendant la guerre de 14-18.

Le temps de l’aviation

28/11/1917 – 1 er groupe d’aviation – période de formation dans l’aviation.
Willy passe dans l’aviation en tant qu’élève pilote… et obtient le brevet de pilote le 11/04/1918.

-> 20/07/1918 : Son frère Aaron Henri vient de mourir sur le champ de bataille à Villemontoire dans l’Aisne ;

du 08 au 23/08/1918 il part au CIACB (Centre d’Instruction d’Aviation de Combat et de Bombardement) pour apprendre aux pilotes les techniques de combat.
Le 18/10/1918 : Parti au ?Salm 225 – donnée venant d’une carte fiche d’aviateur… mais je ne sais pas ce que cela signifie : un rapport avec les moteurs Salmon de l’époque ?
Le 12/03/1919 : Venu Es 61 – ?? je n’ai pas la signification
Le 12/03/1919 il rejoint le 1er Groupe d’aviation de Longvic à Dijon


Chronologie hors contexte de guerre

Mariages et unions : nous lui connaissons 3 unions officielles.
+ date non déterminée : Un premier mariage avec Esther REBOUAH : en algérie ? Il manque les actes pour en dire plus sur cette union. Nous n’en connaissons pas plus sur cette personne.
+ Union libre avec Marguerite CASSINAT : Ils auront 1 enfant, mon grand-père Guy MOLKO (voir la chronologie).
+ 30/09/1961 : Gabrielle DURAND, veuve de FATTIER Henri Paul (dcd en 1955).

Mon grand-père Guy nous a laissé quelques éléments en rapport avec son père, qui nous aide à le cerner un peu :
« Son grand amour pour moi ne le dispensait pas, au contraire de m’imposer des règles de maintien et de conduite très strictes. Pas question de manger à table avec ses mains, ni bien sûr sans les avoir lavées. Ne jamais saluer un adulte, spécialement une femme (question méritant un large développement). »
Selon les dire de Guy, Willy n’était pas un exemple de fidélité parfaite et les « querelles » étaient régulières dans le couple MOLKO / CASSINAT, cela même devant les lettres énamourées de ces femmes, évoquant les promesses de l’incriminé !

Nous arrivons ponctuellement à suivre sa vie. Reprenons cela dans l’ordre chronologique

Chronologie
+29/08/1897 – Un article à charge nous relate un fait avec Mme MOISE MOLKO – Article de l’anti juif page 2… ce qui nous donne des indications sur le contexte de vie pour les juifs autour de 1900 du côté d’Alger, information qui n’est pas forcément à généraliser.
+ 07/07/1905 (9 ans) – Décès de son père Moïse Molko à Alger (Saint Eugène) – le journal mentionne la famille au complet et le terme de « perte cruelle » – voir article ici
+ 02/05/1921 : Willy vit 15 Faubourg Montmartre – Paris
+ 26/05/1922 (26 ans) : Willy gagne le « concours des Milliards » organisé par le journal l’Intransigeant… 10 000 francs en rente de 600 francs – Il est alors employé à la Banque du Crédit du Nord – lire l’article de l’intransigeant
+ 12/08/1924 (28 ans) : Willy donne 50 francs pour les « petits lits blancs » pour aides les enfants malades de la tuberculose osseuse.
+ 30/01/1926 (30 ans) : Naissance de Guy Molko… né d’abord sous le nom CASSINAT, de sa mère Marguerite (ou Margot) CASSINAT. Willy reconnaitra son fils seulement le 06/08/1927.

Petit retour sur les conditions de naissances de Guy
Quelques incertitudes persistent autour de la vie de Marguerite et Willy. Evidemment on ne sait pas quand ils se sont rencontrés ni comment… Marguerite a déjà 2 enfants de son mariage avec Eugène COGNET, lequel ne semble pas rompu (l’acte de décès de Eugène en 1962 le mentionne veuf de Marguerite). On peut imaginer une séparation de corps (sans divorce), pourquoi pas autour de la rencontre avec Willy ! impossible à vérifier.

Toujours est-il que Guy nait enfant adultérin (enfant d’une femme mariée mais de père hors mariage), donc portant le nom de sa mère, CASSINAT… donc l’acte de reconnaissance plus tard de la part de Willy viendra créer un lien juridique et lui donner alors le nom de MOLKO légalement. Dans la déclaration de naissance il n’était pas possible d’apposer le nom du père hors mariage.
L’enjeu de paternité est lié au mariage (qui créé le lien juridique), sauf en cas de séparation de corps : la mère peut alors déclarer son enfant sous son nom unique, un père peut venir faire la reconnaissance ensuite. La loi de l’époque autorise cela. Dans tous les cas de figures on imagine que le couple CASSINAT / COGNET était d’accord, sinon Eugène aurait pu revendiquer légalement la paternité ou tout au moins compliquer les procédures. – source sur le droit et la filiation avant 1972 ici

+ Mai 1927 : On retrouve une mention de faillite d’entreprise – 62 rue rambuteau à Paris concernant une lingerie. Onb par de Villy… je pense qu’il s’agit de Willy ! https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k51669033/f3.item.r=villy-molko.zoom

+ 1929 / 1930 : Guy se souvient de sa première grosse correction par son père Willy. Margot ne cédait jamais dans les querelles lorsqu’elle se sentait dans son bon droit. Ce jour-là, « il lui prit les deux poignets pour l’immobiliser ou la faire reculer, elle hurla…[…] je me dressai du haut de mes 3 ou 4ans, sur le lit, et j’assénai un coup de biberon sur le crâne de mon père. Ce fût l’apocalypse. il dit « Batttre son père, c’est déjà un meurtre, bafouer son autorité et le respect qui lui est dû, cela nécessite qu’après une monumentale fessé, on demande PARDON, A GENOUX ! . PAS moins fiuer et entété que mes 2 parents réunis, je ne voulais pas me mettre à genoux. Alors courbé par les cheveux, les joues rouges de gifles et les fesses marquées de doigts, je criai : NON PARDON ! […].
On ne rigole pas avec les règles !

+ 02/10/1932 : Guy se lance sur un championnat de jouets sportifs sur l’esplanade des Invalides à Paris, sur un nouveau jouet nommé le skieur. Il est le plus petit de la course mais l’histoire familiale explique que le « jouet » fut fabriqué par Willy et que bien posté sur la ligne de départ derrière le « skieur » il donna un petit coup du bout du pied pour aider son fils à démarrer… pour gagner ! du haut de ses 6 ans et demi, Guy évolue parmi des enfants de 8 et 9 ans… sur 100 mètres, avec un virage ! Le journal confirme qu’il est bien arrivé premier !
Ainsi que sur d’autres courses :
– Le grand prix de Paris des automobiles à propulsion mécanique, dans la première catégorie des enfants de 3 à 8 ans sur l’épreuve des voiture à propulsion par vilebrequin – 100 mètre Handicap ! Il n’est pas dans les 4 premiers.
– Le championnat de Paris des Tricycles, dans la deuxième course des 5-10 ans, sur 300 mètres handicap.
Organisé par le journal l’Auto. Il arrive 4 eme !

+ 09/07/1933 : La médaille militaire : Le JO de ce jour attribue la médaille militaire :

L’entreprise Peugeot pendant la guerre

Le 29 rue de Berri près des Champs Elysées est alors le siège social de l’entreprise Peugeot. Entreprise d’intérêt National, le plus grand groupe industriel français produit des véhicules, des moteurs, des pièces mécaniques et des équipements militaires prioritaires pour répondre à la menace de guerre.
En attendant d’en savoir plus sur la raison de l’affectation de Willy à cette adresse, on peut considérer qu’il était cadre ou considéré comme employé qualifié, géré par le commandement militaire.

Hypothèse : William a pu faire jouer ses relations dans l’armée pour être positionné chez Peugeot. En janvier 1943 il réside à Saint-Etienne, peut-être protégé toujours par Peugeot (et les anciens du commandement militaires) pour continuer à travailler en zone plus sûre. A partir de Novembre 1942, la zone libre est occupée mais c’est probablement plus prudent d »être basé à Saint-Etienne que de rester à Paris.

Willy et sa petite-fille Sylvie