Albert a eu une vie de dur labeur jusque vers ses 70 ans, domestique au château de Lumigny, puis manouvrier ou encore charretier chez divers patrons. 2 mariages et 6 enfants, il survivra a ses deux épouses. Un grave accident de chariot lui vaudra de marcher en claudiquant !

né le 29 octobre 1855 à Lumigny – décédé le 21 août 1931 à Meaux
Il grandit et vit à Lumigny (ancienne commune) toute sa vie. On sait aussi qu’il était bègue.

Navigation dans sa vie
– Ses Parents
– Mariages
– Métiers et Patrons
– Documents à voir
– Contexte Historique National
Ses parents
Fils de ADROT Louis Augustin dit Auguste et de LAVILLE Joséphine Adèle dite Adèle
Ainé de 5 frères et soeurs.
Son père est manouvrier / journalier toute sa vie et sa mère est lingère, couturière (1861 – 1868), journalière blanchisseuse (1886 – 1896) puis devient sa propre patronne blanchisseuse (1901 – 1906). Des personnes qui auront travaillé toute leur vie, toute la journée à une époque où les congés et week-ends n’existent quasiment pas.
La famille est depuis de longues générations dans le secteur de Lumigny : son père Louis Augustin né et décède à Lumigny, son grand-père Jean-Baptiste Denis né à Ormeaux (à 8km); son arrière grand-père Denis né à Ormeaux, puis Guillaume au Planoy, Nicolas à Voinsles, puis Nicolas à Vaudoy-en-Brie (12km) né en 1662…
Au moins 7 générations présente dans les 12 km autour.


L’école et la Mairie de Lumigny où Albert aura été pour son instruction et ses mariages – Photo de 1915
Mariages = 2 mariages
1er mariage avec Alphonsine CHAMPALET (1855 – 1882), célébré le 21/04/1879 (24 ans) à Lumigny… ils auront ensemble 2 enfants :
+ Adrot Ernest Athanase (1880 – 1918) – Jardinier, il mourra disparu, « Mort pour la France » pendant la première guerre mondiale à Noyons en mars 1918. Son père participera à l’appel à contribution pour ériger un monument aux morts de Lumigny en 1920
+ Adrot Albertine (1882 – 1971?)
Alphonsine décède 1 mois et demi après l’accouchement de son deuxième enfant Albertine probablement des suites d’un accouchement difficile à l’âge de 26 ans.
2ème mariage avec Louise Julie LEGRAND (1867 – 1915) célébré le 02/01/1886 (31 ans) aussi à Lumigny… il auront ensemble 4 enfants (dont mon arrière-grand-père) :
+ Adrot Gustave Louis (1888 – 1958) – manouvrier qui restera dans le secteur
+ Adrot Emile Jean Marie (1893 – 1921) – le 23/03/1918 il est fortement intoxiqué par un obus asphyxiant (gaz moutarde) ennemis tombés sur la batterie V.K.71 ou il était affecté. Il meurt 3 ans plus tard à 28 ans des suites de ses blessures. Il est reconnu « Mort pour la France » le 18/9/2018 par l’ONAC.
+ Adrot Maurice Louis (1899 – 1974) – Mon Arrière grand-père… qui fera l’objet d’une page dédiée
+ Adrot Jean Georges Ernest (1902 – 1945) – ouvrier agricole à Lumigny aussi.

Emile Adrot avec sa femme
Travail
Albert sera dès l’âge de 24 ans domestique au château de Lumigny, qui est alors propriété de Albert de Mun dans une période où le village de Lumigny est transformé sous l’influence de son chatelain. On sait que notre Albert y est resté à travailler jusque vers 1882 mais l’histoire ne dit pas quel métier il exerçait au château ! un jour peut-être trouverons nous des éléments ! peut-être Charretier ?
En tout cas il le sera plus tard quand il travaillera à la ferme de la ville du Bois chez Mr BUTTIN à la ferme de la Ville-du-Bois !

Entre 1886 et 1891, son frère Jules Athanase travaille aussi au château de Lumigny (blanchisseur ?)
1886 – Manouvrier à Lumigny
1891 – 1896-1902-1911 – Charretier chez Poirier
1899 – 1901 – Charretier chez Buttin
1904-1906 – Manouvrier chez Buttin à la ferme de la Ville-du Bois à Lumigny
1921 – Ouvrier agricole chez Thominet
La Ferme de Mr BUTTIN
Un article nous renseigne sur la taille de cette ferme et le matériel vendu en 1906 :
– 10 chevaux et juments ;
– 6 vaches, 1 taureau, 6 boeufs…
voir photo en bas de page

Le métier de Charretier
« Le charretier est le valet de ferme chargé de soigner les chevaux, de les conduire aux voitures et aux instruments auxquels on les attèle. Quand il s’agit de bœufs, le charretier est dit bouvier. Les qualités qu’il doit posséder sont la sobriété, la patience et la force. Son talent consiste à bien connaître les chevaux et à les diriger de la voix et du geste, en les faisant marcher avec régularité. » selon L’Omnium agricole.
Le Charretier est plutôt bien considéré dans la hiérarchie des ouvriers. Il doit être digne de confiance car il s’occupe des chevaux, bien précieux des fermes d’antan. Leurs gages sont généralement plus élevés que ceux des autres ouvriers, ils bénéficient de la nourriture, du logement, du couchage. On relève des gages de 450 francs/an dans l’Yonne (nourris), en Beauce, le salaire annuel est de 600 à 800 francs (nourri) quand un domestique ordinaire ne touche que 350 à 450 fr et une servante 250 à 400 fr.
Les journées sont longues, 9 heures l’hiver, 12 à13 heures l’été, avec 3 pauses, dont une longue à midi… Il faut quotidiennement s’occuper des chevaux, avant et après le travail, le dimanche aussi ; entretenir les harnais, vérifier la ferrure pour ne pas désorganiser le travail du lendemain par une visite chez le maréchal… Respirer les brouillards, frissonner aux pluies d’hiver, transpirer sous la canicule, des heures de marche derrière les outils … Un travail exigeant, un travail de force et de résistance dont la récompense tient moins au salaire qu’au regard posé sur son attelée.
28 septembre 1904 – Un accident de chariot à quatre roues, trois chevaux de file… heurté par un autre chariot « fou »…
l’article du « Démocrate » daté du 12/08/1905 nous explique précisément les circonstances de l’accident.
Extrait de l’article à lire ici
« Mr ADROT fut d’abord renversé violemment à terre; le choc fut si brutal qu’il eu la cuisse gauche fracturée, puis le lourd chariot poursuivant son chemin, la roue d’arrière lui passa sur le pied droit après lui avoir éraflé la jambe […] La victime de l’accident, Mr Adrot, qui est affligé aujourd’hui d’une fâcheuse claudication… »
On peut penser que Albert faisait un peu tous les travaux de la ferme… dont charretier mais aussi manouvrier suivant les besoins du jour. Il resta au moins 7 ans !
Si l’on ne retrouve pas spécialement d’informations sur Albert travaillant à la ferme (hormis pour cet accident), on retrouve de l’actualité quelques infos sur Mr BUTTIN et sa ferme.
– 12/06/1900 : fièvre aphteuse dans l’étable de Mr BUTTIN – article – dans l’édition du 31/07/1900, le séquestre est levé, fin de l’infection fièvre aphteuse ; – article –
– 24/07/1903 : Incendie d’une meule de foin – chez Mr BUTTIN – article
– 04/03/1906 : Vente d’attirail de culture de la ferme de Ville-du-Bois : 10 chevaux et juments, 6 vaches, 1 taureau, 6 boeufs, chariot, 8 voitures à chevaux et à boeufs, 6 tombereaux, cabriolet, bresk, beurrière, harnais, instruments aratoires de toute natures, râteliers, ustensiles de laiterie… – article –
Mr BUTTIN aurait-il cessé ou changé son activité ?

Contexte Historique National
Albert grandit sous la période du Second Empire de Louis Napoléon Bonaparte – Napoléon III (1851 – 1870), un régime dictatorial arrivé au pouvoir par un coup d’état, puis qui a tendu vers un régiment plus parlementaire ensuite… La France se transforme en profondeur sous l’impulsion de la révolution industrielle… Paris change de visage sous la direction du Baron Haussmann… l’empire colonial se développe et les échanges mondiaux sont en pleine expansion.
A l’âge de 15 ans il a connu l’invasion Prusse (1870 -1871) qui amènera la France à la république, nouvelle période de fort développement de la France.
En 1880, c’est la première célébration de la fête du 14 juillet !
En 1889 il n’aura pas manqué de savoir qu’une tour était construite à Paris pour l’exposition universelle… la tour Eiffel !
Guerre de 14-18 : La famille envoie ses enfants au combat… et les combats sont tout proches : bataille de la marne
Chronologie Complémentaire
+ 1855 à 1921 : On retrouve Albert habitant à / autour de Lumigny avec ses parents / famille ;
+ 1879 – 24 ans : Albert habite déjà au château de Lumigny lors de son premier mariage ;
+ 1891 – 36 ans : Louise Julie est alors nourrice, il accueillent à la maison un bébé nommé Léa Gautier née en 1890 (11mois) ;
+ 10/02/1905 – 49 ans : Décès de son père Auguste à Lumigny – je cherche encore le décès de sa mère…
+ 23/10/1907 – 52 ans : Un enfant mort-né à Lumigny avec Louise Julie
+ 12/09/1915 – 60 ans : Décès de sa femme Louise Julie LEGRAND
+ Mars 1918 – 63 ans : Terrible mois pour la famille… son fils Ernest Athanase (38 ans) disparait, mort à La guerre… dans le même temps, son fils Emile Jean Marie (28 ans) est victime du gaz moutarde (il meurt 3 ans plus tard)… en avril, son fils Maurice Louis est incorporé aux campagnes contre l’Allemagne ;
+ mars 1920 – 65 ans : Albert cotise pour la mise en place d’un monument au mort à Lumigny à hauteur de 1Franc où sera inscrit le nom de son fils Ernest Athanase. Maurice Adrot cotise aussi 1 franc de son côté.
+ 21/08/1931 – 76 ans : Albert habite à Meaux, 7 avenue Gallieni où il décède ce jour là ;
Documents / Actes à consulter









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